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Dans les banques de Wall Street, les traders étrangers ne sont plus les bienvenus.

Posted on 16 avril 2009

traderAvec la crise, les Etats-Unis seraient-ils tentés de refermer leurs frontières aux travailleurs immigrés ? Dans la finance, l’un des secteurs les plus affectés, la réponse est oui.

Le plan d’aide aux banques, le Trouble Asset Relief Program (TARP), mis en place par l’Etat – il a permis de renflouer de plusieurs centaines de milliards de dollars les établissements en difficultés -, impose en effet à ces derniers de restreindre les embauches de personnels étrangers. Les visas H1B, que les banques délivrent traditionnellement aux étudiants français, indiens, mexicains ou britanniques formés dans les meilleures universités américaines, seront restreints. Autrement dit, « les banques vont devoir réexpédier outre-Atlantique certains jeunes recrutés pour être en conformité avec la loi », résume le Wall Street Journal du 15 avril.

Certes, la mesure ne devrait concerner que 3 % des effectifs chez JP Morgan ou 1 % chez Citigroup. Et les banques pourront encore recruter des étrangers dans leurs bureaux situés hors des Etats-Unis. Mais pour l’image d’un pays considéré comme une terre d’accueil et de mixité, le symbole est fort. Pour Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, elle s’apparente à du « protectionnisme autodestructeur ». « C’est une très mauvaise idée« , juge aussi Thomas Philippon, professeur de finance à l’université Stern de New York. Selon lui, cette clause « populiste » du TARP a sans doute été imposée par les sénateurs du Congrès.

« UNE PORTE SE FERME »

Pour de nombreux Américains, l’aide publique aux banques de Wall Street, jugées responsables de la récession qui frappe le pays, est indécente. Qu’elle contribue à donner du travail à des non-Américains, l’est encore plus. Le chômage, qui frappe aujourd’hui 8,5 % de la population active, s’accompagne d’un sentiment parfois nationaliste. « Le fait que les immigrés soient diplômés ne signifie pas qu’ils sont bons pour l’Amérique », rapporte ainsi Mary J., sur le site du New York Times au sujet du recrutement de travailleurs étrangers. « Notre pays est une nation, ce n’est pas une « économie » et encore moins un bureau de bienfaisance » pour les travailleurs du monde entier, poursuit-elle.

Pour tous les « matheux » français de la finance, issus des grandes écoles, que les établissements les plus prestigieux de Wall Street s’arrachaient jusqu’ici, cette mesure est un « coup de plus« , commente Cécile Kharoubi professeur de finance à l’ESCP-EAP. « L’ambiance est déjà tellement morose pour les étudiants », ajoute-t-elle.

« Une porte se ferme, mais de façon temporaire », tempère toutefois David Treussard, directeur au cabinet de recrutement Michael Page à New York. Selon lui, en dépit de cette mesure, « les Etats-Unis restent et resteront une terre d’accueil ».

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