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Crise économique : « Nous allons connaître une grande incertitude sur le dollar ».

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billetPourquoi se pose aujourd’hui la question du rôle du dollar ?

Parce que les Etats-Unis vont devoir placer sur les marchés financiers entre 1 700 et 1 900 milliards de Bons du Trésor. Se posent alors deux questions : combien devront-ils monétiser de bons du Trésor en les faisant racheter par la Réserve fédérale (Fed) et quelle part les pays du Golfe et les Chinois vont pouvoir acheter ? Pour le principe, les Chinois en achèteront sans doute une centaine de milliards mais certainement pas plus. Car ils ont déjà indiqué que les Etats-Unis devaient soit avoir une politique financière beaucoup plus rigoureuse, soit ne plus compter sur la Chine pour acheter leurs bons du Trésor. Nous allons donc connaître une grande incertitude sur le dollar. Le G20 a partiellement rassuré les marchés. Mais à partir de cet été on va commencer à assister à une baisse régulière du dollar. La période où le dollar était la valeur refuge va se terminer.

Quelle est la conséquence de la baisse du dollar pour les autres pays ?

Concrètement ça va nous mettre, nous Européens, dans une situation absolument intenable. L’euro qui est déjà fort (1,32-1,35 dollars) va augmenter. C’est une situation qui ne sera pas supportable par les pays de la zone euro, qui va provoquer des craquements extrêmement brutaux dans les pays les plus vulnérables. Nos possibilités d’exporter vont fondre. A terme l’économie française est visée.

Les pays qui détiennent des quantités considérables de dollars seront aussi touchés. La Chine détient environ 1 900 milliards de dollars de Bons américains, la Russie doit en détenir 270 milliards, Hongkong détient 150 milliards de réserves dont une bonne partie de bons du Trésor américain. Ils auront le sentiment très net qu’il va falloir quitter le dollar, car ils seront menacés.

Je ne pense pas que cette chute du dollar va se transformer en une déroute complète qui amènerait l’euro à plus de 2 dollars, etc. Mais il suffit que les Chinois décident de faire monter la part de l’euro et faire baisser la part du dollar dans leurs réserves pour que cela ait des conséquences extrêmement importantes.

On va tout droit vers une fragmentation du système monétaire d’ici à 2010-2011. C’est-à-dire que les différents pays vont établir leur monnaie en monnaie de réserve. Ce sera le cas du yuan, du rouble, de l’euro et du dollar. L’euro va continuer à fonctionner mais de manière résiduelle. Il servira de monnaie de réserve pour les pays de l’Europe, qui seront relativement contents de pouvoir s’y accrocher chacun à sa façon. D’autres monnaies vont s’accrocher au rouble, au yuan (les monnaies de Corée, du Vietnam, de Malaisie, de Thaïlande). La Corée achète déjà de la dette chinoise. On va donc arriver à une fragmentation de la globalisation.

A quoi ressemblerait un monde sans dollar ?

Ce serait la mise en place d’une monnaie internationale de réserve qui n’est la monnaie d’aucun pays et la monnaie de tous suivant la formule établie. Cette monnaie serait gérée soit par un FMI modifié, soit par un autre comité quelconque. Mais je ne vois pas cette solution à court terme.

Ça peut être la proposition des Chinois et des Russes d’utiliser les droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI [leur valeur est déterminée à partir d'un panier de monnaies]. Mais le problème est que, comme tout le monde le sait, les Etats-Unis ne veulent sous aucun prétexte de cette solution, déjà proposée par la France en 1964. Car ils veulent conserver aussi longtemps qu’ils le peuvent le dollar comme devise de référence.

Dans une période transitoire de cinq à dix ans vont donc se multiplier les monnaies de réserve. A terme ces monnaies de réserves régionales doivent donner naissance à des zones régionales commerciales, vouées à se développer dans les deux-trois ans à venir. Les monnaies régionales vont fonctionner avec un risque d’instabilité monétaire forte et donc un risque d’instabilité économique.

Groupe des 20 (G20).

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g201Le Groupe des 20 (ou G20) est un forum économique qui a été créé en 1999, après la succession des crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays.

Le G20 représente les deux tiers du commerce et de la population mondiale et plus de 90 % du produit mondial brut (somme des PIB de tous les pays du monde).

Le 15 novembre 2008, pour la première fois de son histoire, ce sont les chefs d’État ou de gouvernement qui se sont réunis et non uniquement les ministres des finances.

Création.

Le G20 a été créé en marge du G7 du 25 septembre 1999 de Washington, lors d’une réunion des ministres des finances du groupe. Le but de ce nouveau groupe est alors de favoriser la stabilité financière internationale et de créer des possibilités de dialogues entre pays industrialisés et pays émergents, ce que les réunions des ministres des finances du G7 ne permettaient pas.

Membres du G20.

Les membres du G20 sont représentés par les ministres des finances et les directeurs des banques centrales des 19 pays suivants :

  1. Allemagne
  2. Afrique du sud
  3. Arabie saoudite
  4. Argentine
  5. Australie
  6. Brésil
  7. Canada
  8. Chine
  9. Corée du Sud
  10. États-Unis
  11. France
  12. Inde
  13. Indonésie
  14. Italie
  15. Japon
  16. Mexique
  17. Royaume-Uni
  18. Russie
  19. Turquie

L’Union européenne est représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne, ce qui explique le nom de G20.

Le G20 accueille également les institutions de Bretton Woods, le directeur général du FMI, le président de la banque mondiale, celui du comité monétaire et financier international et celui du comité de développement du FMI et de la banque mondiale[3].

Les membres du G20 appartiennent aux pays du G8 et à 11 pays à économies émergentes.[4]

Les actuels membres du G20 représentent environ 65,2% de la population mondiale. Les régimes se répartissent ainsi : 1 union de type confédérale, 14 républiques (dont 7 républiques fédérales et 1 république populaire) et 5 monarchies (dont 1 monarchie absolue).

Les 3 États de l’ALENA sont membres du G20 qui compte également 2 Etats du MERCOSUR, 4 Etats de l’Union Européenne (qui siège également en sa propre qualité) et 3 Etats membres de l’Organisation de la conférence islamique. Le continent asiatique est relativement bien représenté avec des pays comme la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Japon mais aussi la Turquie et l’Arabie Saoudite ; l’Afrique du Sud est la seule représentante du continent africain au G20.

Le sommet du G20 à Washington de la mi-novembre 2008.

D’après le communiqué final[1], la crise financière de 2008 résulterait d’un manque de coopération économique, de problèmes d’évaluation des risques, de normes comptables peu adaptées et disparates, et de déficiences quant à la surveillance des marchés[5]. Le sommet du G20 a condamné la tentation protectionniste et recommande dans son communiqué final « des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides », il souligne aussi « L’importance du soutien que la politique monétaire peut apporter dans les conditions appropriées à chaque pays »[6].

Sur la question de la nouvelle architecture financière internationale, le G20 a décidé de se réunir à Londres fin mars début avril et de lancer un certain nombre d’études visant :

  • à améliorer la transparence et les systèmes comptables au niveau notamment de l’IASB;
  • à renforcer le contrôle prudentiel par une révision des normes régissant les agences de notation et par un examen des risques liés aux Credit Default Swap;
  • à améliorer la gestion du risque en mettant au point de nouveaux modèles et en révisant les modes de rémunération des traders;
  • à améliorer la supervision des marchés en renforçant la coopération entre les instances nationales et en renforçant la surveillance des grandes sociétés financières internationales,
  • à améliorer la régulation en demandant au FMI (Fonds Monétaire international) et au Forum de stabilité financière de formuler des recommandations pour limiter les effets cycliques de la finance,
  • à renforcer la capacité des institutions financières internationales à aider les économies en difficulté.

Le sommet du G20 à Londres début avril 2009.

Les principaux Résultats:

  • 1000 milliards de dollars supplémentaires pour le FMI et la Banque mondiale

Le G20 s’est engagé à augmenter de 1000 milliards de dollars les ressources du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Selon le communiqué final, les dirigeants des deux institutions seront désormais nommés au mérite.

En pratique, le FMI verra notamment ses moyens tripler, avec 500 milliards de dollars supplémentaires, a précisé Gordon Brown au cours d’une conférence de presse. Ces fonds seront constitués par de « l’argent nouveau » et par des droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI.

Le Fonds va également pouvoir vendre de l’or pour financer son aide aux pays les plus pauvres. Et 250 milliards de dollars seront consacrés à aider le financement du commerce pour relancer les échanges mondiaux.

« Le temps du secret bancaire est révolu », s’est félicité Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse à l’issue du sommet. Le principe d’une liste noire des pays fiscalement non-coopératifs a en effet été entériné par le G20. L’OCDE devrait publier dans les heures qui viennent la liste de ces Etats qui ne sont pas en conformité avec les règles mondiales d’échange d’informations fiscales.

Une liste de sanction est également prévue pour ces places non coopératives : « dans la déclaration, elles vont de l’alourdissement des contraintes administratives à l’interdiction des organisations internationales à placer de fonds dans ces Etats. Et une palette de sanction doit être définie par les ministres des Finances même si un certain nombre sont prévues dans la déclaration », a précisé Nicolas Sarkozy.

  • De « nouvelles règles » de gouvernance des marchés financiers

Par ailleurs, les pays du G20 se sont mis d’accord pour mettre en oeuvre de « nouvelles règles » sur les salaires et les bonus au niveau mondial, a annoncé le Premier ministre britannique à l’issue du sommet.

Les dirigeants ont adopté des principes communs et des sanctions sont déjà prévues pour les faire respecter : « ceux qui auront des politiques risquées en supporteront le prix en termes d’exigences en capital. Pour faire clair, les superviseurs pourront imposer à des banques qui n’auront pas des politiques de rémunération des traders raisonnables des obligations en termes d’augmentation de leurs fonds propres. Là aussi c’est du jamais vu », a déclaré Nicolas Sarkozy.

Les Hedge funds et les fonds seront eux aussi encadrés par des superviseurs. L’activité des banques elle aussi sera contrôlée, notamment tout ce qui concerne les activités de titrisation et de hors-bilan qui devront être plus transparentes. Un nouvel organisme de la finance mondiale doit également voir le jour pour prévenir les crises.